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jeudi 1 septembre 2011
Plastique la vie!
lundi 25 juillet 2011
L'amour du risque
Science Etonnante a fait un très bon billet comparant l'irrationalité des hommes et celle des singes et pointe du doigt une étrange propriété commune à nos deux espèces. A gain équivalent en moyenne, on préfère éviter les risques quand on vise une récompense (pour l’instant ça semble normal) mais par un effet étrange de renversement on préfère prendre des risques quand il s’agit de minimiser des pertes.
Le schéma de son blog explique bien ça:

Dans l’expérience 1, les singes préfèrent choisir l’option 1 assurant une pomme supplémentaire à tous les coups plutôt que l’option 2, assurant soit 0, soit 2 pommes supplémentaires.
Dans l’expérience 2, par contre, quand on oblige les singes à perdre des pommes, ils préfèrent l’option 2 qui leur fait perdre tantôt 0, tantôt 2 pommes, plutôt que l’option 1 qui leur en fait une à coup sûr. Autrement dit, il y a “aversion au risque” si l’enjeu est une récompense et “goût pour le risque” quand on cherche à limiter ses pertes.
L’amour du risque est universel!
En cherchant un peu [1], j’ai découvert que la plupart des espèces animales se comportent exactement pareil: des abeilles, des guêpes, des rats, des oiseaux, des poissons etc. L’expérience 1 manipule comme récompenses des trucs à manger en quantités soit fixe, soit variable. L’expérience 2 joue en général sur le temps d’attente de distribution de nourriture (une longue attente est une perte), avec des délais soit fixes soit variables. La plupart des bestioles manifestent une certaine aversion pour les récompenses aléatoires mais une très forte préférence pour les délais variables. Exactement comme nous et nos amis les singes.
Cet étrange reversement des préférences m’a fait penser à la loi de Weber, dont je vous ai déjà parlé ici et là.
Le schéma de son blog explique bien ça:
Dans l’expérience 1, les singes préfèrent choisir l’option 1 assurant une pomme supplémentaire à tous les coups plutôt que l’option 2, assurant soit 0, soit 2 pommes supplémentaires.
Dans l’expérience 2, par contre, quand on oblige les singes à perdre des pommes, ils préfèrent l’option 2 qui leur fait perdre tantôt 0, tantôt 2 pommes, plutôt que l’option 1 qui leur en fait une à coup sûr. Autrement dit, il y a “aversion au risque” si l’enjeu est une récompense et “goût pour le risque” quand on cherche à limiter ses pertes.
L’amour du risque est universel!
En cherchant un peu [1], j’ai découvert que la plupart des espèces animales se comportent exactement pareil: des abeilles, des guêpes, des rats, des oiseaux, des poissons etc. L’expérience 1 manipule comme récompenses des trucs à manger en quantités soit fixe, soit variable. L’expérience 2 joue en général sur le temps d’attente de distribution de nourriture (une longue attente est une perte), avec des délais soit fixes soit variables. La plupart des bestioles manifestent une certaine aversion pour les récompenses aléatoires mais une très forte préférence pour les délais variables. Exactement comme nous et nos amis les singes.
Cet étrange reversement des préférences m’a fait penser à la loi de Weber, dont je vous ai déjà parlé ici et là.
dimanche 3 juillet 2011
Paroles et musique
En écoutant la dernière chanson de U2, je me faisais la réflexion qu'ils avaient réussi, tout comme les Cranberries, à conserver une certaine tonalité irlandaise malgré le style très international de leurs compositions. Et je me demandais ce qui détermine ainsi le style musical propre à chaque pays, qu'il s'agisse de la chanson française, du rock espagnol, du raï algérien ou de la musique afro-cubaine.
J'ai fini par trouver une piste intéressante d'explication dans une lettre sur la musique française qu'a écrite Jean-Jacques Rousseau. Il y défendait l'idée que "toute musique national tire son principal caractère de la langue qui lui est propre, et je dois ajouter que c'est principalement la prosodie de la langue qui constitue ce caractère."
dimanche 19 juin 2011
L'imagination incarnée
Simulation ou stimulation?
Essayez de penser au son de la lettre B en formant un O avec les lèvres. Il paraît que c’est plus difficile que si vous aviez la bouche fermée. Marc Jeannerod[1] explique cette bizarrerie par le fait que B étant une consonne labiale, on se représente mentalement sa prononciation en activant les neurones qui commandent le pincement des lèvres. Garder la bouche ouverte contrarie donc (légèrement) notre facilité à imaginer ce genre de son. Selon cette hypothèse, penser à une action mobiliserait les mêmes neurones que si l’on exécutait l’action pour de bon. La seule différence c’est qu’on garde le pied sur l’embrayage pendant qu’on stimule les neurones de l’action en question. Tiens! Revoici l’idée qu’une inhibition mentale est diablement féconde, puisque dans le cas présent, elle est la recette même de nos facultés d’imagination. dimanche 29 mai 2011
Cosmologie fastoche (3/3)
Part 3: à l'assaut du principe anthropique
Récapitulons: L'univers s'est sans doute formé il y a un peu plus de 13 milliards d'années; il est homogène, isotrope et respecte bien les règles de géométrie du genre "la somme des angles des ses triangles fait 180°" et "le périmètre d'un cercle vaut son diamètre fois pi", bref il est "euclidien". Son avenir est de s'agrandir de plus en plus vite et indéfiniment mais on notre univers observable, lui, est de taille finie et constante. L'exploration du passé est bien plus spéculative et pleine de surprises...
Le fonds diffus cosmologique ou pourquoi les métaux sont toujours opaques
Aussi loin qu'on le regarde, l'univers s'étend de plus en plus vite. Si l'on remontait dans le temps, on le verrait donc se contracter de plus en plus et devenir de plus en plus dense et chaud, comme un gaz qu'on comprime dans un piston. Or au-dessus d'une certaine température, vers 3000K environ, le gaz se transforme en plasma, sorte de soupe brûlante dans lequel tous les atomes sont ionisés et où les électrons se promènent librement comme dans un métal conducteur. Et comme le métal, le plasma est complètement opaque à la lumière: tout photon tentant de le traverser est immédiatement absorbé par un électron passant dans le coin. Impossible de voir au travers de la surface du soleil, même avec des filtres sophistiqués, car sa surface est justement à l'état de plasma. Notre jeune univers n'est donc devenu "transparent" que lorsque sa température est passée en dessous de 3000 degrés.
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Le fonds diffus cosmologique ou pourquoi les métaux sont toujours opaques
Aussi loin qu'on le regarde, l'univers s'étend de plus en plus vite. Si l'on remontait dans le temps, on le verrait donc se contracter de plus en plus et devenir de plus en plus dense et chaud, comme un gaz qu'on comprime dans un piston. Or au-dessus d'une certaine température, vers 3000K environ, le gaz se transforme en plasma, sorte de soupe brûlante dans lequel tous les atomes sont ionisés et où les électrons se promènent librement comme dans un métal conducteur. Et comme le métal, le plasma est complètement opaque à la lumière: tout photon tentant de le traverser est immédiatement absorbé par un électron passant dans le coin. Impossible de voir au travers de la surface du soleil, même avec des filtres sophistiqués, car sa surface est justement à l'état de plasma. Notre jeune univers n'est donc devenu "transparent" que lorsque sa température est passée en dessous de 3000 degrés.
mercredi 18 mai 2011
Cosmologie fastoche (2)
Part2: Comment faire parler l'équation FLRW
Vous savez maintenant comment on trouve l’équation de l’univers (baptisée FLRW du nom de ses découvreurs) en écrivant simplement que l'énergie se conserve dans un univers homogène, isotrope et qui se dilate dans le temps. Mais je ne suis pas sûr que vous éprouviez encore une profonde jubilation intérieure en songeant que H² = (å/a)² = 8πGρ/3 -K/a² où H est la constante de Hubble, a(t) le facteur d'échelle (å sa dérivée), ρ la densité de matière de l'univers et K une constante. Au cas -très improbable- où vous ne voueriez pas un culte fervent à cette formule, il me faut vous en expliquer les merveilleux secrets.
lundi 9 mai 2011
Cosmologie fastoche (1)
Chapitre 1: l'équation de l'univers
L'histoire commence au début des années 1920, lorsque l'astronome Edwin Hubble découvre avec les tout nouveaux téléscopes de l'époque, que ce que l'on appelait des nébuleuses (celle de Trifide à gauche) correspondaient en réalité à d'autres galaxies que la nôtre, à des centaines de millions d'années lumière de nous.
dimanche 1 mai 2011
Irrationalités animales
mardi 19 avril 2011
Neuro-récréation
Asseyez-vous et faites des cercles dans l’air avec votre pied droit, dans le sens des aiguilles d’une montre. Ca y est? Tout en continuant à tourner votre pied, essayez de dessiner des ronds horizontaux dans l’autre sens avec votre main gauche. Avec un peu de concentration vous devriez arriver sans trop de problème à faire les deux mouvements en même temps. Vous y êtes? Bravo!
Maintenant, essayez de faire la même chose avec votre pied droit et votre main droite tournant en sens inverse. C’est beaucoup, beaucoup plus dur! En variant les combinaisons (pied gauche/main gauche ou pied gauche/main droite) vous vous rendrez sans doute compte qu’il est très facile de désynchroniser son pied et sa main opposés mais très difficile de le faire lorsqu’ils sont du même côté.
Je n’ai pas lu d’explication à cette bizarrerie, mais il me semble que ça vient tout simplement du câblage de notre cerveau. Chaque hémisphère cérébral contrôle les membres du côté opposé. Lorsqu’on fait l’exercice avec la main gauche et le pied droit, l’hémisphère droit fait tourner le pied gauche dans un sens, et l’hémisphère gauche se charge de la main droite tournant dans l’autre sens: on arrive à désynchroniser les deux mouvements sans trop de difficultés car chaque hémisphère fait une seule tâche à la fois. En revanche lorsqu’il faut travailler main gauche et pied gauche, l’hémisphère droit est le seul à contrôler les deux mouvements et n’arrive pas à faire deux choses en même temps. Je suppose qu’à force d'entraînement on finit quand même par y arriver, en transférant le contrôle d’un des membres à l’hémisphère gauche.
Je vous ai parlé dans ce billet de la thèse d’Etienne Koechlin. Ses travaux ont montré que lorsqu’on exécute deux tâches simultanément, les lobes frontaux gauche et droit prennent chacun en charge une tâche différente, un lobe ne pouvant traiter deux actions à la fois.
© Etienne Koechlin. Quand une personne poursuit deux buts (Goal) en même temps, associés à deux actions (Action), les deux lobes frontaux s'activent simultanément. Chaque lobe frontal traite l'une des deux actions mais jamais les deux à la fois. Les régions préfrontales (en orange), situées juste derrière le front, assurent la coordination, en se chargeant du traitement d'un but pendant que l'autre est suspendu. Cette structure duale de l'hémisphère cérébral explique qu'un être humain n'est pas capable de gérer simultanément plus de deux tâches. Source: Pour la Science.
Le petit exercice tout simple que vous venez de faire illustre bien cette thèse. On en trouve des tas de variantes - tracer un 6 imaginaire avec une main et un 3 avec le pied par exemple. Les cours de récré sont un terrain de chasse idéal pour les neurosciences!
Maintenant, essayez de faire la même chose avec votre pied droit et votre main droite tournant en sens inverse. C’est beaucoup, beaucoup plus dur! En variant les combinaisons (pied gauche/main gauche ou pied gauche/main droite) vous vous rendrez sans doute compte qu’il est très facile de désynchroniser son pied et sa main opposés mais très difficile de le faire lorsqu’ils sont du même côté.
Je n’ai pas lu d’explication à cette bizarrerie, mais il me semble que ça vient tout simplement du câblage de notre cerveau. Chaque hémisphère cérébral contrôle les membres du côté opposé. Lorsqu’on fait l’exercice avec la main gauche et le pied droit, l’hémisphère droit fait tourner le pied gauche dans un sens, et l’hémisphère gauche se charge de la main droite tournant dans l’autre sens: on arrive à désynchroniser les deux mouvements sans trop de difficultés car chaque hémisphère fait une seule tâche à la fois. En revanche lorsqu’il faut travailler main gauche et pied gauche, l’hémisphère droit est le seul à contrôler les deux mouvements et n’arrive pas à faire deux choses en même temps. Je suppose qu’à force d'entraînement on finit quand même par y arriver, en transférant le contrôle d’un des membres à l’hémisphère gauche.
Je vous ai parlé dans ce billet de la thèse d’Etienne Koechlin. Ses travaux ont montré que lorsqu’on exécute deux tâches simultanément, les lobes frontaux gauche et droit prennent chacun en charge une tâche différente, un lobe ne pouvant traiter deux actions à la fois.
© Etienne Koechlin. Quand une personne poursuit deux buts (Goal) en même temps, associés à deux actions (Action), les deux lobes frontaux s'activent simultanément. Chaque lobe frontal traite l'une des deux actions mais jamais les deux à la fois. Les régions préfrontales (en orange), situées juste derrière le front, assurent la coordination, en se chargeant du traitement d'un but pendant que l'autre est suspendu. Cette structure duale de l'hémisphère cérébral explique qu'un être humain n'est pas capable de gérer simultanément plus de deux tâches. Source: Pour la Science.
Le petit exercice tout simple que vous venez de faire illustre bien cette thèse. On en trouve des tas de variantes - tracer un 6 imaginaire avec une main et un 3 avec le pied par exemple. Les cours de récré sont un terrain de chasse idéal pour les neurosciences!
dimanche 10 avril 2011
Pour une culture de la frustration
J'ai essayé de vous montrer dans mon dernier billet que nos processus non conscients font l'essentiel du boulot -décider, bouger, ressentir, percevoir, juger, croire etc. Notre conscience planifie en amont et refait l'histoire après coup, mais sur le moment elle se contente de résister aux mille et une tentations qui s'offrent à chaque instant. Mais comment fait-elle?
La récente crise américaine a montré à quel point nous résistons difficilement aux tentations de la consommation à crédit. La nature ne nous a pas dotés d'un système mental spontanément capable de refuser des gratifications immédiates -s'acheter une maison, consommer des sucreries ou fumer une cigarette- au nom des conséquences futures, financières, médicales ou autres. Il faut croire que ce genre de stoïcisme n'avait pas une grande utilité adaptative pour les premiers hominidés, trop heureux de manger tout ce qui leur tombait sous la main.
A défaut de l'inné, c'est donc grâce à l'apprentissage qu'il a fallu acquérir ce self-control.
A défaut de l'inné, c'est donc grâce à l'apprentissage qu'il a fallu acquérir ce self-control.
samedi 26 mars 2011
Notre conscience serait-elle politiquement incorrecte?
Cette semaine j'ai envie de remettre en perspective certains de mes billets précédents qui pourraient laisser croire que notre conscience est dominée par des processus non-conscients et qu'elle s'accommode comme elle le peut avec la réalité, subissant notre comportement tout en prétendant l'orchestrer. Ce serait pourtant lui faire injure que de la réduire au rôle de la "petite voix" des reportages de M6 (elle m'agace cette voix à force!), dont le seul rôle serait d'auto-justifier a posteriori ce qu'on pense, croit ou fait. Je vais donc essayer d'éclairer un peu le rôle de notre conscience et ses liens avec les mécanismes non-conscients de notre cerveau.
vendredi 18 mars 2011
Neurones, cherchez l'erreur!
Pas facile d’aider son ado à faire ses exercices de maths sans s’énerver quand il se trompe. Pourquoi ai-je tellement plus de mal à garder mon sang-froid avec mon numberOne qu’avec un autre enfant? Je viens peut-être de trouver l’explication dans une récente conférence de Stanislas Dehaene (ce type est génial, depuis le temps que je vous en parle...) sur les mécanismes de jugement de soi, du type “Ai-je confiance en ma réponse?”, “Me suis-je trompé?”, “Ai-je compris?” etc, bref sur ce que les scientifiques appellent la métacognition.
vendredi 11 mars 2011
Faut-il se tester pour mieux apprendre?
Dans mon dernier billet, je vous parlais de la “théorie de la reconsolidation”, selon laquelle il n’y aurait pas de différence de nature entre l’acte de se remémorer un souvenir et celui de l’enregistrer en mémoire. Evoquer |
vendredi 4 mars 2011
Eternal sunshine of the spotless rat
jeudi 10 février 2011
T'oublies or not to be
L’oubli nous évoque un phénomène inévitable, une sorte de dégradation naturelle de la mémoire comme l’érosion qui effacerait des traces sur le sable. Alors que la mémoire semble être le propre du vivant, un courageux effort contre-nature, on associe plutôt l’oubli au monde de l’inerte, à la nature qui reprend ses droits après la mort. L’analogie est tentante mais trompeuse. Je vous avais déjà raconté dans ce précédent billet sur les trous de mémoire combien l’oubli est un processus plus subtil que ça. Non seulement on peut oublier sur commande mais surtout l’oubli nous est bien utile pour s’adapter au changement, nous évitant le blanc devant le distributeur de billets lorsque notre code confidentiel a changé. Au hasard de mes lectures j’ai découvert bien d’autres cas où l’oubli s’avère être un auxiliaire à la fois discret et précieux de notre mémoire...
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